Vous êtes en arrêt maladie et vous avez un projet d’achat immobilier ou besoin d’un crédit à la consommation ? Cette situation particulière soulève de nombreuses questions et inquiétudes. Pouvez-vous seulement envisager d’emprunter ? Les banques accepteront-elles votre dossier ? Quelles solutions s’offrent à vous ?
En 2025, avec les récentes réformes sur l’indemnisation des arrêts maladie, la question devient encore plus pertinente. Cet article fait le point sur votre capacité à emprunter pendant un arrêt maladie, les obstacles potentiels et surtout, les solutions concrètes pour maximiser vos chances d’obtenir un prêt dans cette situation particulière.
Pas le temps de lire ?
- Oui, il est possible d’emprunter en arrêt maladie, mais avec des conditions particulières
- Les principaux obstacles sont la baisse de revenus et les réticences des assureurs
- La convention AERAS facilite l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes avec un risque de santé
- Un apport personnel conséquent et des garanties alternatives peuvent compenser le risque perçu
- Les réformes 2025 ont diminué les indemnités journalières, impactant la capacité d’emprunt
Est-il possible d’obtenir un prêt en arrêt maladie ?
La réponse simple est oui, c’est possible. Être en arrêt maladie n’est pas un motif légal de refus pour un prêt. Cependant, l’obtention effective du crédit dépend de plusieurs facteurs déterminants qui vont influencer la décision de la banque.
La nature de votre arrêt maladie joue un rôle crucial. Un arrêt temporaire de courte durée n’aura pas le même impact qu’un arrêt de longue durée ou une affection de longue durée (ALD). Les banques évaluent principalement la stabilité de vos revenus et votre capacité future à rembourser le prêt.
Le type de prêt que vous sollicitez a également son importance. Les exigences sont généralement plus strictes pour un prêt immobilier que pour un crédit à la consommation, notamment en matière d’assurance emprunteur et de stabilité financière.
Bon à savoir : même en arrêt maladie, votre droit à demander un prêt reste intact. C’est plutôt votre capacité d’emprunt et l’acceptation de votre dossier qui peuvent être affectées.
Les obstacles à surmonter
La baisse des revenus
Le premier obstacle majeur est la diminution de vos revenus. En effet, les indemnités journalières sont généralement inférieures à votre salaire habituel. Depuis avril 2025, ces indemnités sont plafonnées à 1,4 Smic (2 522,57 € brut/mois), soit une baisse de près de 22% par rapport à l’ancien plafond.
Cette réduction impacte directement votre capacité d’emprunt, car les banques calculent le taux d’endettement sur vos revenus actuels. Si vos indemnités sont significativement plus basses que votre salaire normal, votre capacité à emprunter s’en trouve réduite.
Les réticences des assureurs
L’assurance emprunteur constitue le deuxième obstacle majeur. Cette assurance, quasiment obligatoire pour les prêts immobiliers, peut être difficile à obtenir en situation d’arrêt maladie. Les assureurs évaluent votre état de santé et peuvent :
- Refuser de couvrir votre prêt
- Appliquer une surprime significative
- Exclure certaines garanties importantes (incapacité, invalidité)
Un arrêt maladie prolongé ou lié à une pathologie sérieuse peut être perçu comme un risque accru de non-remboursement. Cela rend les assureurs plus réticents, compliquant ainsi l’obtention du prêt principal.
Solutions pour emprunter pendant un arrêt maladie
Malgré ces obstacles, plusieurs solutions existent pour optimiser vos chances d’emprunter pendant un arrêt maladie.
Jouer sur le timing
Si votre arrêt maladie est temporaire et qu’une reprise du travail est prévue à court terme, il peut être judicieux d’attendre cette reprise avant de formuler votre demande de prêt. Cela améliorera considérablement votre dossier aux yeux des banques et des assureurs.
Si l’attente n’est pas possible, fournir des documents officiels attestant de la date prévue de reprise peut rassurer les établissements prêteurs sur votre future capacité de remboursement.
Comparer les offres d’assurance
Depuis la loi Lagarde, vous pouvez opter pour une délégation d’assurance plutôt que pour l’assurance groupe proposée par votre banque. Cette flexibilité vous permet de choisir une assurance plus adaptée à votre situation médicale.
La loi Lemoine a encore renforcé ce droit en permettant de changer d’assurance emprunteur à tout moment. N’hésitez pas à comparer les offres et à solliciter plusieurs assureurs pour trouver la couverture la plus favorable.
Astuce : utilisez des comparateurs en ligne spécialisés ou faites appel à un courtier pour identifier les assureurs les plus ouverts aux situations d’arrêt maladie.
La convention AERAS : votre alliée
La convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) représente une solution incontournable pour les personnes en arrêt maladie souhaitant emprunter.
Qu’est-ce que la convention AERAS ?
Il s’agit d’un dispositif qui facilite l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque de santé aggravé. Cette convention engage les banques, les assureurs et les associations de patients à trouver des solutions adaptées pour ces profils particuliers.
Depuis 2022, si le montant assuré est inférieur à 200 000 € et que le prêt est remboursé avant vos 60 ans, le questionnaire de santé n’est plus obligatoire. C’est une avancée majeure qui simplifie considérablement les démarches.
Le fonctionnement en pratique
La convention AERAS prévoit un examen en trois niveaux pour maximiser vos chances d’acceptation :
Il est important de noter que malgré ses avantages, la convention AERAS présente certaines limites : conditions d’âge, de montant et de durée spécifiques. Certaines pathologies graves ou arrêts très prolongés peuvent encore entraîner des exclusions de garantie ou des surprimes.
Optimiser votre dossier de prêt
Renforcer votre apport personnel
Un apport personnel conséquent constitue un argument de poids pour rassurer la banque. Plus votre apport est important, plus le risque pour l’établissement prêteur diminue. Viser un apport d’au moins 20% du montant total peut significativement améliorer l’attractivité de votre dossier.
Si possible, mobilisez votre épargne disponible ou envisagez un prêt familial pour compléter votre apport. Ces solutions peuvent faire la différence pour convaincre votre banque.
Proposer des garanties alternatives
Pour compenser le risque perçu lié à votre situation de santé, vous pouvez proposer des garanties alternatives solides :
- Une hypothèque sur un bien déjà possédé
- Une caution d’un proche en bonne situation financière
- Un co-emprunteur en CDI avec des revenus stables
- Un nantissement d’un contrat d’assurance-vie ou d’un portefeuille de valeurs mobilières
Ces garanties supplémentaires peuvent constituer un filet de sécurité suffisant pour la banque, même en cas de doute sur votre assurabilité.
Conseil d’expert : si vous disposez d’une assurance prévoyance, mettez-la en avant dans votre dossier. Elle peut compléter vos indemnités journalières et rassurer la banque sur votre capacité à rembourser.
Faire appel à un courtier spécialisé
Les courtiers spécialisés connaissent parfaitement les banques et assureurs les plus ouverts aux profils atypiques comme les personnes en arrêt maladie. Leur expertise peut s’avérer précieuse pour :
- Identifier les établissements les plus adaptés à votre situation
- Optimiser la présentation de votre dossier
- Négocier les meilleures conditions d’assurance
- Vous accompagner dans les démarches liées à la convention AERAS
Leur connaissance fine du marché et des acteurs peut considérablement accroître vos chances d’obtenir un prêt malgré votre arrêt maladie.
Impact des réformes 2025
Les réformes 2025 sur l’indemnisation des arrêts maladie ont un impact significatif sur votre capacité à emprunter. Comprendre ces changements est essentiel pour adapter votre stratégie.
Baisse des indemnités journalières
Depuis avril 2025, les indemnités journalières sont plafonnées à 1,4 Smic (2 522,57 € brut/mois), soit une baisse de près de 22% par rapport à l’ancien plafond. Cette réduction affecte directement votre capacité d’emprunt en diminuant vos revenus pendant l’arrêt maladie.
Pour les personnes dont le salaire dépasse ce plafond, la perte de revenus est plus importante qu’auparavant. Les banques, qui calculent le taux d’endettement sur les revenus actuels, peuvent donc considérer que votre capacité de remboursement est réduite.
Adaptations nécessaires
Face à ces nouvelles contraintes, plusieurs adaptations sont recommandées :
- Anticiper la baisse de revenus dans votre plan de financement
- Envisager un prêt de montant plus faible ou sur une durée plus longue
- Mettre davantage l’accent sur les garanties alternatives
- Prévoir une épargne de précaution plus importante
- Explorer les possibilités de compléments de revenus légaux pendant l’arrêt maladie
Conclusion
Emprunter pendant un arrêt maladie en 2025 représente un défi certain mais pas insurmontable. Si la baisse des indemnités journalières et les réticences des assureurs compliquent la démarche, des solutions existent pour maximiser vos chances d’obtenir un prêt.
La convention AERAS demeure le dispositif principal pour faciliter l’accès au crédit des personnes en situation de santé fragilisée. Associée à un apport conséquent, des garanties alternatives solides et l’accompagnement d’un courtier spécialisé, elle peut vous permettre de concrétiser vos projets malgré votre arrêt maladie.
N’oubliez pas que chaque situation est unique et mérite une approche personnalisée. Si vous êtes concerné, prenez le temps de comparer les offres et n’hésitez pas à solliciter un accompagnement professionnel pour naviguer dans ces eaux parfois complexes.
L’essentiel est de ne pas renoncer à vos projets, mais de les adapter intelligemment à votre situation temporaire, en exploitant tous les leviers à votre disposition pour emprunter dans les meilleures conditions possibles.
